'' Ce sont les racines implantées par l'Abbé Paul, l'entraide dans le quartier et la transformation d'une zone rurale en espace de solidarité, qui constituent aujourd'hui l'ADN de la cité Sainte Bernadette...'' discours du président de l'Association
Les Origines
De la terre au projet solidaire
L’histoire de la Cité ne commence pas par des pierres, mais par un paysage en pleine mutation. Pour comprendre l’âme de ce lieu, il faut remonter à une époque où le nord de Montpellier n’était qu’une vaste étendue de verdure.
1 – Un quartier de « mazets » et de traditions
Avant les années 1930, le secteur des Quatre-Seigneurs était le poumon vert de la ville. Le paysage était alors composé de :
Mazets traditionnels : Ces petites maisons de campagne typiques du Midi, où les familles montpelliéraines venaient passer le dimanche.
Terres agricoles : Le quartier vivait au rythme des saisons, loin de l’agitation du centre-ville et de la place de la Comédie.
Une zone isolée : À l’époque, résider ici signifiait être coupé des services urbains. Pour le moindre besoin administratif ou culturel, il fallait entreprendre un long trajet vers le cœur historique.
2 – 1933-1939 : L’éveil d’une conscience collective
Face à la poussée démographique, le besoin de créer un point de ralliement local devient une priorité.
Le choix du terrain : En 1935, le site actuel est choisi pour sa position stratégique, à l’articulation entre les nouveaux quartiers résidentiels et le secteur hospitalier naissant (Saint-Éloi).
Un élan populaire : Le projet ne repose pas sur de grands financements publics, mais sur une souscription citoyenne. Ce sont les habitants eux-mêmes qui, par leurs dons et leur travail bénévole, ont permis l’achat des terrains.
L’arrivée d’un bâtisseur social : C’est dans ce contexte que Paul Parguel prend la direction du projet. Très vite, il dépasse la simple gestion de quartier pour imaginer un lieu tourné vers les autres, particulièrement attentif à la souffrance des malades et à la précarité des ouvriers du secteur.
3 – La naissance d’un « îlot humaniste »
Dès ses débuts, la Cité refuse de s’enfermer derrière des murs. L’idée fondatrice était de créer un espace de respiration architecturale.
L’achat du terrain comprenait déjà une maison ancienne (le futur presbytère), qui servira immédiatement de base logistique pour les actions sociales du quartier.
C’est ici que s’est forgé l’esprit de la Cité : un lieu où l’on ne fait pas que passer, mais où l’on construit ensemble.
Le patrimoine
Copie map cité

Extérieur petite Église

Intérieur petite Église
Croquis Presbytère
La grande Église

L’ancienne grotte

La grotte actuelle

Le Monument aux morts

Cinéma utopia

Utopia

La carte de toute la cité St-Bernadette
La Cité Sainte-Bernadette : Un Patrimoine Vivant entre Histoire et Culture
Située au carrefour des universités et des hôpitaux de Montpellier, la Cité Sainte-Bernadette est un lieu singulier. Ancien domaine rural devenu foyer de résistance, puis centre culturel et social, elle incarne aujourd’hui un héritage humaniste ouvert à tous.
1. La Petite Église : Un joyau de sobriété
Construite en plein conflit mondial (1940), cette église est l’œuvre du célèbre architecte bénédictin Dom Bellot.
Une architecture avant-gardiste : Conçue pour être simple et lumineuse, elle préfigure la modernité de l’après-guerre.
Un effort collectif : Les paroissiens ont eux-mêmes participé aux travaux, illustrant l’esprit de solidarité qui définit encore le lieu aujourd’hui.
Un lieu de prière quotidien : Avec sa capacité de 200 places et ses statues sculptées par Henri Charlier, elle offre une atmosphère intime. Elle reste ouverte chaque jour pour le recueillement.
A savoir : La salle qui accueille aujourd’hui le cinéma Utopia était autrefois une extension de l’église dédiée aux réunions et spectacles paroissiaux.
2. Le Presbytère : Un foyer de Résistance
Dès 1939, l’abbé Parguel s’installe dans la maison attenante. Durant l’Occupation, le presbytère devient un haut lieu de courage :
Refuge pour les persécutés : Distribution de fausses cartes d’identité et diffusion de journaux clandestins (Témoignage Chrétien).
Le sacrifice : Arrêté par la Gestapo en 1944, l’abbé Parguel est déporté au camp de Neuengamme. Il y survivra en soutenant ses compagnons jusqu’à la Libération en 1945.
3. La Grande Église : La « Maison du Peuple de Dieu »
À son retour de déportation, l’abbé Parguel voit grand pour accueillir une population toujours plus nombreuse. En 1958, il lance la construction de la « Grande Église ».
Un espace polyvalent : Fidèle à l’esprit communautaire, le bâtiment est conçu pour être modulable (rassemblements, fêtes, messes).
Ouverte sur la ville : Dans les années 60, avec l’arrivée des hôpitaux et universités, le site s’agrandit pour accueillir l’aumônerie étudiante et les familles de malades.
4. Jardins et Mémoire : Un havre de paix urbain
Les espaces extérieurs de la Cité offrent une pause hors du temps dans l’agitation urbaine.
La Grotte: La grotte actuelle (réhabilitée en 2018) est une œuvre d’art contemporaine. Conçue avec des orgues basaltiques et du quartz, elle offre un lieu de méditation et de calme accessible à tous les passants.
La Stèle de la Liberté : Situé en bordure de la rue Pezet, cet espace ouvert à tous est un lieu de calme et de réflexion. Bien que souvent appelé »monument aux morts » par les riverains, il s’agit d’un mémorial dédié à la Résistance et à la Déportation. La stèle moderne en verre, où des barbelés se transforment en colombes, rend hommage à l’engagement de Paul Parguel et de tous ceux qui ont lutté pour la liberté. C’est un point de rencontre entre l’histoire du quartier et un message universel de paix.
A savoir : »Quand on prie marie, on ferme les yeux… ». Elle à été plusieurs fois réhabilité et à surtout plusieurs fois changer d’emplacement.
5. Le Cinéma Utopia : L’âme culturelle du site
Aujourd’hui, le bâtiment le plus emblématique de la Cité est le cinéma Utopia. Véritable institution montpelliéraine, ce cinéma d’Art et Essai occupe les anciens espaces de réunion du site, perpétuant sa vocation d’échange.
Un projet engagé : Géré sous forme de SCOP (Société Coopérative), l’Utopia prône un cinéma indépendant, citoyen et sans publicité.
De la salle de quartier au multiplexe d’auteur : Ce qui n’était à l’origine qu’une petite salle de 60 places est devenu un lieu de rendez-vous incontournable pour les étudiants et les habitants. Ses trois salles sont nichées dans une architecture qui a préservé son charme d’antan (poutres apparentes, murs de pierre).
Un lieu de débat : Plus qu’un cinéma, c’est un forum où l’on discute de société, d’écologie et de solidarité.
Aujourd’hui : Un carrefour citoyen
Fidèle à ses racines, la Cité Sainte-Bernadette accueille aujourd’hui près de 60 collectifs et associations. Que ce soit pour le cinéma, l’aide sociale, les activités culturelles ou simplement pour profiter du calme de ses jardins, ce lieu reste un espace de rencontre où l’humain est toujours placé au centre.
Découvrez les grands axes de la cité
Un journal, une vie

Un journal, une vie, une vérité.
Ce journal personnel de l’abbé Paul, est un témoignage brut, sincère et profondément humain. Un récit de foi, de doutes, de combats intérieurs et de lumière.
